Sortie inédite en France du 1er long métrage de Stanley Kubrick : Fear and Desire

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Dans nos salles à partir du 14 novembre 2012 le 1er long métrage de Stanley Kubrick : FEAR AND DESIRE.

Film avec Frank Silvera, Paul Mazursky, Kenneth Harp, Stephen Coit, Virginia Leith

Le film : Dans une guerre abstraite en terre inconnue, une patrouille militaire de quatre hommes, le lieutenant Corby, le sergent Mac et deux soldats, Fletcher et Sidney, se retrouvent derrière les lignes ennemies après que leur avion se soit écrasé.

Ils avancent dans la forêt, surprennent deux militaires ennemis et les massacrent. Puis ils rencontrent une jeune fille et, craignant qu'elle ne les dénonce, l'attachent à un arbre.

Pendant que ses trois camarades vont vers la rivière construire un radeau qui, espèrent-ils, les ramènera chez eux, Sidney garde la jeune femme. Il se révèle alors avoir l'esprit dérangé, autant à cause des violences de la guerre que de son désir naissant envers la prisonnière…

Stanley Kubrick :

Né le 26 juillet 1928 à New-York, Stanley Kubrick est certainement l'un des plus grands génies de l'histoire du cinéma. L'intemporelle qualité visuelle de ses 13 longs-métrages est une des raisons pour lesquelles le public du monde entier continue d'être tant fasciné par cette œuvre singulière.

C'est un photographe doublé d'un moraliste. Un photographe surdoué parce que son père l'initia très jeune à cet art, en sorte qu'à 17 ans Kubrick travaillait déjà pour Look. Un moraliste de par sa première éducation. Son œuvre est empreinte d'un profond pessimisme qu'explique également un caractère inquiet, soucieux de perfection, jamais satisfait de son travail. Ses premiers courts-métrages furent immédiatement acheté par RKO : il avait 22 ans.

Les premiers longs-métrages de Kubrick sont des œuvres appartenant au registre du film noir comme ceux de Samuel Fuller ou Otto Preminger : Fear and desire (1953), le Baiser du tueur (1955) et l'Ultime razzia (1956). Les deux premiers sont des catastrophes financières pour Kubrick qui cumule les fonctions de réalisateur, producteur, scénariste, chef-opérateur et monteur.

La rencontre du producteur James Harris lui permet de tourner l'Ultime razzia dans de meilleures conditions. Le film est un succès auprès du public comme de la critique. Kubrick est remarqué par Kirk Douglas qui lui propose de l'aider à produire et interpréter les Sentiers de la gloire (1957). Le film relate une mutinerie dans l'infanterie française en 1917 où des soldats sont tirés au sort pour être fusillés à titre d'exemple. Le thème traité déclenche un scandale dans les états-majors français où le film est interdit jusqu'en 1972. Kubrick n'a pourtant pas cherché à attaquer la France ou à faire de l'anti-militarisme, il s'est simplement inspiré de faits réels (l'affaire Maupas relatée dans le livre d'Humphrey Cobb) pour concevoir une oeuvre résolument pacifiste. Toujours grâce à Kirk Douglas, il est appelé à remplacer Anthony Mann pour le tournage de Spartacus (1960). En dépit de scènes grandioses, Spartacus reste une oeuvre de commande, peu chargée de sens au regard de l'ensemble de son oeuvre.

Nouveau scandale en 1962 avec l'adaptation de Lolita de Vladimir Nabokov. L'Amérique puritaine attaque ce film qui n'est pourtant pas choquant : Kubrick a très habilement traité tous les passages du roman qui auraient pu lui attirer les foudres des censeurs. Il démontre également dans Lolita qu'il est un maître dans la direction d'acteurs (James Mason et Peter Sellers).

Après Lolita, il part s'installer en Grande-Bretagne où il réalise Docteur Folamour (1964). Il y aborde la question du nucléaire et de l'apocalypse sur le ton de la plaisanterie, se moquant des politiques, militaires et bureaucrates empêtrés dans les rouages de la technocratie.

Kubrick travaille ensuite durant trois ans de concours avec l'écrivain et scientifique Arthur C. Clarke sur le projet 2001, l'Odyssée de l'espace. Le film, oeuvre de science fiction sans précédent, voit le jour en 1968. Kubrick mène le spectateur du commencement de l'humanité aux confins de l'univers dans une station spatiale du troisième millénaire. 2001 est le premier film de Kubrick où il accorde beaucoup d'importance à l'association des images et de la musique. Avec Orange mécanique (1971, d'après le roman d'Anthony Burgess), Stanley Kubrick livre son film le plus visionnaire sur le devenir de nos sociétés : une analyse du rapport entre la violence de la jeunesse, la prise de drogues et l'aliénation suscitée par le monde moderne.

Kubrick aime s'inspirer d'œuvre littéraires pour ses films, Barry Lyndon (1975) est adapté de W.M. Thackeray, Shining (1979) du roman éponyme de Stephen King et Full metal jacket (1987) du Merdier de Gustav Hasford. Eyes wide shut (1999), adapté d'une nouvelle d'Arthur Schnitzler, est son ultime film, sorti quelques mois après sa mort. Il y met en scène Tom Cruise et Nicole Kidman, mariés à l'écran et dans la vie. C'est précisément ce qui intéresse Kubrick, mener le spectateur dans l'intimité la plus absolue d'un couple.

Stanley Kubrick reste le plus accompli des cinéastes inventifs et ambitieux. Proche des schémas de l'analyse freudienne, Stanley Kubrick s'est intéressé dans ses films aux pulsions inconscientes qui conditionnent selon lui toute destinée humaine. Son œuvre a marqué les spectateurs par le réalisme et l'objectivité avec lesquels elle s'est emparée des cauchemars et des fantasmes universels. Entre ses mains, ces matériaux sont devenus d'angoissantes grilles de lecture de la nature humaine. Chorégraphe de l'espace et mélomane averti, certaines images de ses films s'inscrivent dans l'inconscient collectif au même titre que certaines oeuvres d'art.

Site officiel : Fear and Desire



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